Chronique du confinement: c’est maintenant qu’il faut se battre pour l’Après

Bonjour à tous,

Charlotte et ses compères de la vallée de Saint Martin de Londres ont lancé il y a quelques jours une radio citoyenne furieusement nommée RadioLondres. Militante, elle se veut aussi donneuse d’espoir: ensemble nous pouvons déplacer des montagnes!

Charlotte m’a demandé si elle pouvait m’interviewer pour donner des solutions aux gens qui cherchent à s’approvisionner en local pour leur produits alimentaires. J’ai trouvé l’idée fantastique. Et cela m’a donné envie d’écrire une petite chronique résumant mes craintes et mes espoirs face à la situation inouïe que nous vivons tous.

Je vous en livre le script, et le lien vers l’emission RadioLondres

Où faire mes courses durant le confinement?

Nous sommes tous pareils: dans nos têtes, confinement=panique, comment s’approvisionner? Réflexe attavique de stockage, dur à réprimer, même si aucune pénurie alimentaire n’est à prévoir dans l’immédiat.
Notre cher gouvernement semble nous indiquer la voie toute tracée vers les caisses de nos bons vieux supermarchés, où la rassurante abondance de tout en fait oublier les conditions sanitaires on ne peut plus éloignées des recommandations du corps médical (et dudit gouvernement, qui n’en est pas à sa première contadiction après tout. Lobby oblige, non?).

Mais attention: il y a de quoi être très inquiets. Pas seulement pour la déferlante de malades qui est sensée nous arriver dessus, mais aussi pour l’Après. C’est ça moi, qui m’inquiète le plus. Que va-t-il se passer après le confinement, quand bon gré mal gré, en dépit de l’état de désossement pitoyable de nos hopitaux mais grâce au dévouement surhumain des soignants, le danger sanitaire sera passé? Dans mes pires cauchemars je vois se profiler un champs de ruines où triomphera un monde encore plus libéralisé, individualisé et esclavagisé que celui qui nous a amené directement à la pandémie…et chaque jour qui passe apporte plus de réalité à cette vision macabre.
Car sur le derrière la scène principale de la pandémie, nous sommes en pleine lutte des classes. Et c’est avec un autoritarisme consommé que le gouvernement fracasse complétement toutes les structures solidaires, familiales et alternatives qui émergent avec peine depuis quelques années, et dont fait partie le monde déjà fragile de la paysannerie et des petits producteurs locaux. Poussons le cri d’alarme: si nous nous laissons faire, nous sommes tous en danger de mort à long terme!
Ce monde paysan, c’est le SEUL à même d’assurer notre subsistance pour l’Après. Le corona virus n’est qu’un avertissement, un instant suspendu en équilibre entre le gouffre ou le pas de côté qui nous sauvera du vide. Si nous replongeons encore plus fort dans la folie du lbéralisme mondialisé, il y aura d’autres pandémies, elles en sont un épiphénomène. Et celles-ci seront bien pires. Aujord’hui nous n’avons plus le choix: il FAUT faire le pas de côté et revenir à un monde qui a du sens, où notre territoire sera un réseau de cellules locales de résilience, pérennes et à même de nourrir sa population quelques soient les circonstances.

Agir maintenant est primordial, et pour cela la première chose à faire et de se positionner quand on va se ravitailler en plein confinement.
La recette est simple: du local, du paysan.

Depuis lundi dernier, le premier ministre a annoncé que les marchés de plein vent n’étaient plus autorisés, ce qui ne simplifie pas la tâche.

Mais là où nos pouvoirs publics s’effacent avec leur manque de courage habituel, les citoyens prennent le relai. Dans tout le pays les coopératives d’achat, les amaps, les boutiques de producteurs, les producteurs entre eux s’organisent pour garantir l’accès aux denrées locales. On peut se renseigner sur internet:

Plateformes recensement des producteurs locaux:
* lancée par le civam du gard: https://circuitscourts.gogocarto.fr/
* en Pic Saint Loup: http://picassiette.org/wakka.php?wiki=AlimentationDurableSecteurPSL&fbclid=IwAR2-AcrtBKIQYIQebqX4fgOX2MkiXz7DU-PyI5Qw1iPGm1ouEtjye-jFsDw
*lancée par la région: https://solidarite-occitanie-alimentation.fr/

On peut se renseigner à la radio: grâce à vous, Radio Londres!
On peut téléphoner à ses voisins, aux membres du Croc Local, des Paniers du Pic, à moi: 06 49 61 86 73
On peut venir aux Aromatiques du Pic à la Liquière le Dimanche matin de 9h30 à 12h30 où s’est improvisé un point de vente de producteurs

Les producteurs ont le droit de vous livrer à domicile. Mais VOUS, citoyens, vous pouvez aussi être actifs!

Car il faut savoir que l’initiative de demander une dérogation pour maintenir les marchés est laissée aux maires!
Pour obtenir une dérogation, les mairies peuvent demander une autorisation en préfecture. (Pour qu’elle soit acceptée, la demande doit remplir deux critères :
– il ne doit pas y avoir de commerce d’alimentation générale dans un rayon de 1 kilomètre autour du lieu de marché.
– le maire doit s’engager à faire respecter les mesures barrières, notamment la distance entre les étals, et à prendre toutes les précautions permettant la distanciation sociale entre les clients.)
Alors faîtes pression. Utilisez votre énergie et votre temps pour rejoindre le combat.
Demandez à vos élus de mettre à disposition des salles dédiées aux distributions de produits locaux qui respectent les directives sanitaires: c’est possible! En Pic Saint Loup, à Saint Bauzille de Montmel, toujours les mêmes avec l’association AGIR, ils l’ont fait.

Participez à semer les graines de résilience. Saviez-vous qu’un projet de moulin à vent collaboratif est en train de prendre vie en pic saint loup, pour relancer la filière céréale nourricière locale? (Le Moulin des Garrigues sur facebook)

Espérons que le courage soit aussi contagieux que la peur, car aujourd’hui, nous en avons cruellement besoin.

A vous Londres!

 

Laissez votre réponse

Abonnez-vous à la newsletter de l’atelier!